14.04.2006

La question qui tue

Pourquoi moi ? C’est la question que j’aurai dû me poser depuis des lustres. Mon pote Pierre m’a demandé y a pas longtemps pourquoi je n’écrivais pas pour répondre à cette question. LA vraie question du pauv’ hère qui s’en prend plein la gueule et tend son poing rageur vers les cieux indifférents…

Pourquoi moi, bordel. Kesske j’ai fait à Dieu et à ses filiales, pour en en arriver là alors que je n’étais même pas parti dans la vie. Pourquoi, screugnegneu, j’ai morflé au démarrage avant d’avoir commis le moindre péché. Puni avant d’être coupable. De quoi vous dégoûter de l’espoir.

Quoique.

En partant bien bas, on ne peut que remonter. Mais le Pourkouamoua, cette maladie insidieuse de la victime auto-complaisante, n’a pas d’anticorps en stock. Que non ! La pourkouamoualite frappe les neurones par traîtrise. Elle incite à la révolte vaine comme à la flagellation contrite.

Pourkouamoua ? Parce que j’ai péché en avalant un médicament alors que j’étais enceinte suggèrent les mères de thalidomidiens du documentaire «Thalidomide, les parents trahis » diffusé sur Arte en janvier.

Pourkouamoua ? Parce que vos ancêtres ont trop picolé, affirment les toubibs à Denise Legrix « née comme ça » sans jambe ni bras.

Pourkouamoua ? Et pourquoi pas moi ! relativise la mère (fictive) d’une enfant handicapée dans une pièce racontée par Paul Marcoux dans son livre « le regard des autres ».

Mais et moi, je réponds quoi à Pourkouamoua me demande Pierre. Hein ? Il ne veut pas entendre d'explications importées le Pierrot. Il veut du brut sorti de la tete à toto. Telke.

Saufke.

Je ne réponds rien. Cette question m’engourdit. Je ne peux pas concevoir d’avoir tiré un mauvais numéro dans la roulette de la vie. Merde alors, une chance sur cent mille et je tombe ! L’explication est inconcevable. Inadmissible. Revenez plus tard et trouvez un meilleur alibi.

Si je ne suis pas taxé pour les fautes de mes ancêtres, suis-je condamné à payer cash et en avance mes futures saloperies ?

Ben non. Je ne suis pas sensible à la théorie de l’attaque préventive. Ni à la culpabilité érigée en dogme explicatif de toutes nos névroses.

Pourkouamoua ? Parsske.

Commentaires

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Salut à toi Merlin

Je pense que quel que soit notre degré de souffrance, on se pose tous la question un jour ou l'autre...

Que l'on croit ou non en Dieu, en la réincarnation, en d'autres mondes ou dimensions, en la théorie du karma, on posera toujours cette putain de question : pourquoi ?

Pourquoi toi, pourquoi moi, pourquoi nous...

Je crois que ce qui tue, c'est pas la question, mais la réponse... c'est pour ça qu'on l'a oubliée...

Amicalement,

© h r

Ecrit par : Chr | 18.04.2006

Belle mise en abîme !

Ecrit par : merlin | 20.04.2006

That Georgia's always on my mind Pinar Vercingetorix.

Ecrit par : Pinar Vercingetorix | 14.08.2007

L'injustice d'être né différend des autres, n'est pas (le fait) d'être né différend, mais (celui) que les autres accentuent cette différence à laquelle en fin de compte, ils sont totalement indifférends.

Ecrit par : chayR | 16.07.2009

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