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<subtitle>Itinéraire d'un enfant des années thalidomide</subtitle>
<updated>2006-07-14T10:10:35+02:00</updated>
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<title>Le nom dit</title>
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<updated>2006-07-14T10:10:35+02:00</updated>
<published>2006-07-14T10:10:35+02:00</published>
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<summary> Mon nom n’est pas personne. Depuis neuf mois, j’évite et repousse ce moment....</summary>
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Mon nom n’est pas personne. Depuis neuf mois, j’évite et repousse ce moment. Mais pour ce dernier rendez-vous, je vous dois cette révélation. A vous qui me lisez, pas à ceux qui me fréquentent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les proches qui connaissent l’existence de ce blog se comptent sur les doigts d’une main en bon état de marche. Je ne suis décidément pas programmé pour le coming out. Les autres personnes qui m’entourent n’ont pas besoin de trifouiller mes névroses. Et je n’aimerais pas que les individus que je rencontre dans le cadre de mon boulot s’amusent  à découvrir les 44 épisodes précédents de 1961 … ils sont assez nombreux à me lâcher avant une interview: « alors, comme ça vous avez écrit un roman ? » après avoir tapoté mon nom sur google. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant, ils ne connaissent que mon pseudo. Pas mon vrai nom. Une consonne de changée et, hop !, j’échappe à ma mauvaise marque d'origine. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car mon nom de naissance est comme une légende photo qui souligne ma blessure. Une légende plate et triste. Mon label pas beau est insipide à entendre mais ô combien douloureux à porter. J’ai hérité d’un patronyme éponyme de ce qui me constitue et me (dé)structure. Un mauvais gag d’un dieu pas drôle. Mon nom n’est pas personne. Mon nom est Le Bras. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un nom qui a longtemps ajouté une estampille à ma honte. Des décennies durant j’ai voulu me débarrasser de ce jeu de mot consternant que l’état civil a imprimé sur mon corps. Le Bras, tu parles d’un cadeau ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfant, quelques gamins se foutais de mon blaze avec une certaine constance. Je me souviens encore d’un petit gros au crâne tondu, une version miniature de Francis Blanche tricheur aux billes, redoublant de naissance, frimeur de récré mais chef de bande, qui a lâché un jour : « Le Bras, il a que deux mains ». Il était content de sa blague. Et il l’a répété, tellement, c’était fendard. « Le Bras : il a que deux mains, ouafff » J’ai alors éclaté de rire à mon tour devant la connerie de la brute qui confondait les mains et les doigts. Heureux de n’avoir perdu que trois doigts et pas des pans de cerveau…. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’époque, avant l’adolescence, je savais encore prendre ces épisodes à la rigolade. Puis je suis devenu susceptible, mal à l’aise dès que j‘entendais la moindre allusion fine du type « T’es à deux doigts de réussir », « Tu sais pas compter sur tes dix doigts ? » et autres vannes plus ou moins explicites sur les types qui sont pas des manchots. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’étais devenu parano professionnel. Sans aucun sens de l’humour dès que l’allusion  frôlait la fêlure. Un petit grand garçon coincé et mal à l’aise, ultra tolérant sur tout. Sauf sur ça.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu’à ce que ce blog me transforme progressivement. Parler de mon ratage originel avec d’autres membres de la fratrie des bébés inachevés, m’a permis de prendre un peu de recul. Je peux aujourd’hui à nouveau rire de ma main. Rire et souffrir bien sûr. Mais je prends tout ce qui est bon à prendre. Même mon nom. Ce que je voyais comme une mauvaise blague, j’en perçois aujourd’hui l’ironie. Ma mauvaise marque de fabrique m’a poussé à me faire un nom. Un autre nom. Oh, un petit nom of course. Mais en choisissant un métier qui autorise les membres de la corpo à signer caché, j’ai réussi à effacer en partie les effets désastreux de mon logo raté. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’abord, j’ai changé ce sale article qui souligne comme un panneau indicateur le nom en forme de membre. « Le » est devenu « Ar », renouant ainsi avec ma bretonnante hérédité avant que le nom de mes ancêtres soit francisé. Je devenais ainsi homonyme d’un guitariste celtique… mais ce nom m’a porté la poisse. Je l’ai arboré deux fois dans une radio et un journal  qui ont déposé le bilan. Jamais deux sans trois; donc... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En breton, Bras signifie « grand ». J’ai hésité. Pourquoi ne pas signer Le Grand ? Hum. En cachant le bras, je forcissais des chevilles.... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, plutôt qu’enfiler une prothèse sur ce nom, j’ai choisi de le camoufler.  J’ai simplement changé une autre partie du Bras replaçant le « s » final par un « z » qui claque. Argument imparable : c’est ainsi qu’il se prononce entre Vannes et Sein. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis une vingtaine d’année, c’est sous ce nom bretonnisé que je sévis. A défaut de réparer ma main, j’ai custumisé mon nom, controlant pour toujours mon appelation d'origine.  J’ai vécu toute ma vie publique sous ce maquillage. Seul ce blog m’aura permis de me montrer sans fard...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eric
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<title>du droit</title>
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<updated>2006-07-14T09:50:29+02:00</updated>
<published>2006-07-14T10:00:00+02:00</published>
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<summary> Je ne suis pas de mon époque. Je suis allergique à ce siècle. Je râle, je...</summary>
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&lt;p&gt;Je ne suis pas de mon époque. Je suis allergique à ce siècle. Je râle, je peste, je bougonne, je me fais mal et je collectionne des victimes collatérales. Mais je ne sais pas m’adapter à la nouvelle donne.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J’ai pas connu les psychologues, les cellules d’aide, les masseurs de blues à l’âme, les avocats complices, les militants fraternels… Je suis HS, out, ailleurs. Déconnecté. Seul.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J’aimerais&amp;nbsp; pourtant cocher la bonne case, récupérer la bonne pioche, sentir le vent, rejoindre une bande. Et bomber le torse. Et pointer le menton. Et darder le regard. Et…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et merde.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je reste hors des clous. Complètement dans les choux. La bouche pleine de cailloux.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J’ai cru un temps, l’espace de neuf instants, qu’il y avait, que nous étions, que nous serions…unis, nombreux, forts. Ensemble.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Prêts à réclamer, récupérer des millions pour réparer nos préjudices, exiger notre dû pour nos doigts. Que valent trois doigts en moins ? Et deux autres amochés ?&amp;nbsp; Que pèsent nos vies mutilées ? Depuis la loi salique, des juristes compétents calculent le prix du démembrement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les victimes de la thalidomide en France auraient pu rafler une mise. Pas par appât du gain. Non. Qu’aurais-je fait d’un million d’euros ? Me serais-je acheté la panoplie de Dark Vador ? Ce qui me (nous ?) motivait était ailleurs. Il fallait trouver un coupable à un accident du destin. Toutes les victimes ont besoin de coupables.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Surtout moi. J’aime la vengeance. Parmi mes innombrables défauts, la rancune n’est pas la moindre. Mon roman est une histoire de vengeance. La revanche à prendre sur la vie, la mort et la loterie génétique est la base de mon carburant. Mais me voilà trébuchant, hoquetant, hips, glups, oups. Ainsi ce labo allemand n’est pas responsable de ce que je suis. Qui accuser alors ? Vers qui lever mon poing vengeur ou ma main pas au point ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Vers personne. C’est la faute au destin, à pas de chance ou à ce Dieu qui n’existe pas. Savoir qui est coupable ou responsable, serait une cerise sur mon radeau. Je dérive sans pouvoir choisir mon cap puisque j’ignore où est ma source.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je crois pourtant qu’on me doit… mes doigts. Oui, ON me doit. Quelqu’un, quelque chose quelque part me doit ce que je ne suis pas. Il me faut un bourreau à châtier. Même involontaire, même maladroit, même plein de bonnes intentions. M’en fous. Un bourreau con comme comme son échafaud est préférable à un nothing nowhere nobody. Capito ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je veux un dû. Pas un droit. Je comprends les handicapés qui réclament une aide, des subventions, des aménagements.&amp;nbsp; Mais je n’en veux pas.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Un jour, on m’a accordé un (passe) droit. Pour le bac, un fonctionnaire quelconque m’a autorisé à bénéficier d’un tiers temps supplémentaire pour rendre une copie dans les temps. Car un autre jour un toubib avait&amp;nbsp; décrété que j’étais un gaucher contrarié. Il me faut en effet bien avouer kekchose qui ne se voit pas sur cet écran : j’écris comme un cochon. Le gaucher contrarié que je suis se sert de sa droite d’une manière gauche. Ca gâche tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;Mais ce défaut qui m’a peut-être fait rater bien des concours (c’est ce que disent des gens qui m’aiment bien) m’a en revanche propulsé bachelier à la surprise générale. Dommage. J’avais tellement été mal orienté vers un bac G que des profs compatissants avaient décrété que je redoublerais dans une terminale littéraire. Las !&amp;nbsp; j’ai raté cette opportunité de passer un an dans une classe à 95 % féminine en réussissant mon bac à la surprise générale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je garde donc un mauvais souvenir de ce coup de pouce pour ceux qui n’ont pas leur index. Je ne veux pas qu’on m’aide. Ni même qu’on me comprenne. Je veux seulement partager ce que je suis. Pour deux semaines encore. Avant la clôture de ce blog. Avant la fin.&lt;/p&gt;
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<title>Prologue à l'épilogue</title>
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<updated>2006-07-09T14:33:52+02:00</updated>
<published>2006-07-09T14:33:52+02:00</published>
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<summary> Je flageole un peu sur mes guiboles. Ce que Flo écrit sur ce blog et ce que...</summary>
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&lt;p&gt;Je flageole un peu sur mes guiboles. Ce que Flo écrit sur ce blog et ce que d’autres, plus discrets, me confient par email devraient m’inciter à continuer. A raconter encore et toujours ce que je fus et ce que je fuis. En commençant cet exercice, je ne pensais pas toucher à ce point quelques frères et sœurs de corps et d’âmes. Et des dizaines d’autres inconnus qui s’attardent et reviennent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque semaine, vous êtes devenu une centaine à me retrouver. Vous êtes pour la plupart des lecteurs réguliers (à part une poignée d’égarés étourdis qui ont tapé « stiptease » sur google - j’avais comme eux omis le « r » pendant de nombreux mois dans la note « &lt;a href=&quot;http://1961.blogspirit.com/archive/2006/03/12/la-detresse-du-stiptease.html#comments&quot;&gt;la détresse du stiptease&lt;/a&gt; »&amp;nbsp; - et qui doivent être démoralisés par le contenu de ce site sans fesses).&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;Je n’ai jamais écrit pour aussi peu de personnes… et je n’ai jamais ressenti autant d’émotions à lire les réactions que je pouvais susciter. Pour ces émotions rares et inédites, merci. Pour les remarques, les encouragements et aussi les critiques, merci. Pour les progrès que j’ai pu accomplir grâce à votre présence, encore merci. Et au revoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car, merci pour les rappels, mais je baisse les rideaux dans une semaine. Dans mon esprit, ce blog a toujours été programmée pour avoir une durée déterminée. La &lt;a href=&quot;http://1961.blogspirit.com/archive/2005/10/25/5000.html#comments&quot;&gt;première note&lt;/a&gt;, un peu timide, fut mise en ligne le 25 octobre 2005. Une note rétrospectivement complètement à côté de la plaque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pendant des mois, prolongeant des années d’égarements, je me suis fourvoyé sur l’origine de mon bobo. J’ai cru ou plutôt voulu croire en dépit de quelques éclairs de lucidité que j’étais thalidomidien, un drôle de nom qui déplait à Pierre qui fait pourtant parti de ce pays et qui m’importait tant de revêtir alors que je ne l’étais pas. J’ai donc pendant des mois cherché ce qui pouvait bien me/nous différencier des autres estropiés de la planète. Comme si ce médoc avait pu influencer aussi une partie de notre personnalité.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;Mais je crois aujourd’hui que ce qui nous réunit n’est pas l’origine de notre mal, mais ses conséquences, cette solitude engendrée par le sentiment d’unicité de notre apparence. J’ai donc voulu combler cette solitude d’une mini encyclopédie de ce que je ne sais plus nommer. De mes origines (cette année là), aux fantasmes sur mon futur (c'est déjà demain)&amp;nbsp; en passant par les rapports avec les parents (gêne, gène &amp;amp; géniteurs) avec les toubibs (les blues blanches, avec les autres handicapés (le stade du miroir) et avec les valides (le regard des autres).&amp;nbsp; J’ai aussi voulu parler de mon rapport avec l’écriture (les mots pour le dire) et avec mon corps (le corps du déni). J’ai même plus ou moins tenté de théoriser certaines aptitude intellectuelle des éclopés (l'horreur du vide).&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voilà. Je crois que j’ai fait le tour. Que rajouter ? Pas grand chose. Je pourrais raconter comment je fus réformé ou mon apprentissage du laçage de pompe. Mais bon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pourrais aussi continuer à explorer certaines pistes incluses dans l’horreur du vide ou le &lt;a href=&quot;http://1961.blogspirit.com/archive/2006/01/22/le-comique.html#comments&quot;&gt;comique&lt;/a&gt;. Mettre en valeur&amp;nbsp; des héros incroyables comme ce roi du kung fu... dont la vidéo est trop lourde pour ce blog. Mais vous pouvez le voir &lt;a href=&quot;http://www.humorheights.com/index.php?action=showpic&amp;amp;cat=10&amp;amp;pic=285&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais bon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ecrire ce blog fut une joie et une souffrance. Le continuer serait une contrainte inutile. Je tournerai vite à vide.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sauf si.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sauf si je ne racontais plus ce que je fus et ce que je fuis… mais ce que je deviens et ce que je trouve. Mais cela est une autre histoire qui ne peut se concevoir sous la forme d’un blog… Je suis parti pour une autre recherche moins introspective et disons plus physiologique. Et j’ai pas franchement envie de raconter en direct les examens médicaux qui m’attendent.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; A moins que ce je trouve m’incite à reprendre ma plume. Si c’est le cas (y a peu de chances quand même !), je tiendrais au courant ceux qui m’en feront la demande en me laissant leur email &lt;a href=&quot;mailto:merlin1961@gmail.com&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En me penchant sur mon passé et sur ma naissance, j’ai pu grandir avec vous. On m’a souvent reproché de me limiter à mon infirmité comme si ce que j’étais se résumait à ce qui me manquait. Ce n’est pas le cas bien sûr. Et cet automne, j’ouvrirai un nouveau blog sur quelques autres obsessions qui m’habitent.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En attendant, il me reste un dernier rendez-vous avec vous, un dernier murmure à transmettre avant un long silence. Presque mois neuf mois après sa naissance, 1961 s’achèvera le 15 juillet.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Next generation</title>
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<updated>2006-06-25T17:08:07+02:00</updated>
<published>2006-06-25T21:30:00+02:00</published>
<category term="Le stade du miroir" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary> Agénésie. Agénésie des doigts médians. Voilà, je suis enfin parvenu à...</summary>
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&lt;p&gt;Agénésie. Agénésie des doigts médians. Voilà, je suis enfin parvenu à décrypter l’écriture du doc Pilliard que je ne parvenais pas à déchiffrer quelques &lt;a href=&quot;http://1961.blogspirit.com/archive/2006/05/28/c-est-la-faute-du-facteur.html&quot;&gt;notes&lt;/a&gt;&amp;nbsp; plus tôt. L’agénésie, c’est l’absence d’un membre à la naissance. L’amputation congénitale. Tout est expliqué &lt;a href=&quot;http://www.assedea.org/associations/ASSEDEA/cgi-bin/articles.php?pg=18&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, sur le site de l’Assédea, une association que je viens seulement de découvrir en cherchant une définition de ce mot après un an de vagabondage webien intensif autour de ma main.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pouvais-je seulement découvrir plus tôt ce site alors que je cherchais des victimes de ma génération ? Je croyais alors être un type unique ou quasi, frappé par la thalidomide en compagnie de quelques milliers de bébés lors d’une fenêtre temporelle entre le traité de Rome et les accords d’Evian. Et de fait, Lilas, Pierre, Flo, Claude… et quelques autres qui restent silencieux mais qui passent régulièrement sur ce blog, on est tous nés cette année là. Ou celle d’avant. Ou celle d’après.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a vécu des itinéraires plus ou moins semblables, mais avec une même trame générationnelle. On a, en grande partie, les mêmes références culturelles. On a biberonné des Nicolas et Pimprenelles, des Jacquou le croquant, un Pompidou qui meurt pendant les dossiers de l’écran, la France qui ne se qualifie jamais pour la Coupe du Monde et plein d’expressions disparues : « Mathématiques modernes », « radios libres », « Pouce, je passe »… On a grandi dans le même monde. Un monde plus fataliste que notre époque face à des gamins comme nous.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je ne parvenais pas à imaginer parler à des frères ou sœurs en éclopades plus jeunes que moi. Bien sûr, à l’association -&lt;a href=&quot;http://asso.denise.legrix.free.fr&quot;&gt;Denise Legrix&lt;/a&gt;, j’ai rencontré Karine, une cadette qui a aussi une déformation de la main et j’y ai même vu des enfants et des ados victimes d’agénésie (oui je sais, quand on apprend un mot, on n’arrête pas de le ressortir). Mais, toujours plongé dans ma vaine quête de victimes de la thalidomide, je n’avais jamais intégré cette évidence : chaque année, naissent des enfants qui vont vivre ce que j’ai vécu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien sûr, ils le vivront mieux. D’abord, parce qu’il existe des associations comme l’Assédea. Ensuite parce que Dolto et quelques autres sont passés par là et leurs parents seront mieux préparés que ne le furent les nôtres. Il sauront en tout cas qu’il faut leur parler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J’ai laissé un message peut-être maladroit sur leur &lt;a href=&quot;http://www.assedea.org/associations/ASSEDEA/cgi-bin/thread.php?lng=fr&amp;amp;pg=256&amp;amp;id=2&amp;amp;cat=#7&quot;&gt;forum&lt;/a&gt;. Et les premières réactions ne se sont pas faites attendre… (voir l’incompréhension de – Blandine à la lecture de ce blog en commentaire de la dernière &lt;a href=&quot;http://1961.blogspirit.com/archive/2006/06/18/la-faute-a-la-photo.html#comments&quot;&gt;note&lt;/a&gt;). Mais au delà des parents dont certains ont mon âge et qui ne peuvent projeter leur gamin dans ce que je vis, j’ai découvert sur l’assédéa des témoignages étrangement proches.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Anisi &lt;a href=&quot;http://www.assedea.org/associations/ASSEDEA/cgi-bin/thread.php?lng=fr&amp;amp;pg=221&amp;amp;id=1&quot;&gt;Zohra&lt;/a&gt; qui dissimule son agénésie, même à ses amis.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ainsi &lt;a href=&quot;http://www.assedea.org/associations/ASSEDEA/cgi-bin/articles.php?lng=fr&amp;amp;pg=102&quot;&gt;Elena&lt;/a&gt;&amp;nbsp; qui parle de sa prothèse comme je fantasme ma panoplie de cyborg.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La teneur générale du site est bien sûr plutôt optimiste. Les sportifs accomplis et autres témoignages positifs y ont la part belle. Mes plaies et mes doutes ne sont sans doute pas assortis à cette famille. M’immiscer dans cette harmonie reviendrait à désespérer Billancourt.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il ne semble d’ailleurs ne pas y avoir de blogs autour de cette communauté. Comme si vivre ensemble sous une même aile annihilait le besoin de faire partager sa vie avec une seule&amp;nbsp; plume...&lt;/p&gt;
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<title>la faute à la photo</title>
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<updated>2006-06-19T12:59:12+02:00</updated>
<published>2006-06-18T23:40:00+02:00</published>
<category term="le regard des autres" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
<summary> Plus l’échéance approche et moins ma muse m’amuse. Je sèche et repousse...</summary>
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Plus l’échéance approche et moins ma muse m’amuse. Je sèche et repousse d’autres rendez-vous. Et j’esquive des rencontres inattendues. Or, plutôt que de tricoter d’autres commentaires, je vais de ce pas écrire la note qu’il faut sur la photo. Oh, Chmiel. Tu me pousses dans de nouveaux retranchements. Alors que je continue à me révéler masqué et me raconter sous pseudo, tu voudrais que je me montre, main comprise, au grand jour ? Je déglutis. C’est la faute à l’ADN pensais-je chaque jour davantage et tu bifurques de la faute aux gènes vers la photogénie. Comment puis-je me révéler par ce que je maîtrise le moins (mon image et la représentation qui circule dans la tête des autres) alors que j’ose tout juste me dévoiler avec ce que je « manipule » le mieux (les lettres qui s’imbriquent dans les mots qui font des phrases pas trop phraseuses). Je suis perplexe Chmiel. Et un peu abasourdi aussi. Alors que je touche du doigt (si je puis dire) la vraisemblable méprise thalidomidienne, tu t’embarques dans ce bean’s… Quel serait l’objet du reportage ? Les victimes cachées d’une maladie honteuse ? Ou les orphelins d’un mutilateur introuvable. Car nous en sommes là, pas vrai ? Improbables bébés ratés venus on ne sait comment et on ne sait où. J’aime bien ta manière de scotcher en 2 D des déviants comme des cow boys lorrains en attendant les trans… Un peu à la Diane Arbus. Mais accepter de faire partie de ta ménagerie serait pour le coup assumer un côté bestial ou plutôt bestiaire… en suis capable ? En sommes-nous capables ? Lilas a commencé à répondre. J’avoue que je bafouille. Tous deux nous savons que la photo est notre plus vieille ennemie. C'est en regardant un tirage de notre ratage que nous primes conscience du regard des autres. Et tu voudrais la transformer en alliée…
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<title>un blanc</title>
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<updated>2006-06-12T12:19:18+02:00</updated>
<published>2006-06-12T12:19:18+02:00</published>
<summary> Encore en reportage, encore en décalage horaire, même pas  le temps de...</summary>
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Encore en reportage, encore en décalage horaire, même pas  le temps de répondre aux commentaires... Je reviens dès que je peux...
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<title>La politesse du nippon</title>
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<updated>2006-06-08T05:15:58+02:00</updated>
<published>2006-06-08T05:15:58+02:00</published>
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(suite de la grossièreté du Gaijin) Cette année… j’ai d’abord recommencé ma pratique de l’esquive. Toujours impoli face à des Japonais imperturbables. Sauf le dernier jour à Osaka… Je venais d’arriver avec un peu de retard à mon rendez-vous et j’avais face à moi cinq interlocuteurs au lieu des deux escomptés. Des petites huiles de la ville. Tous se sont précipités vers moi avec leurs cartes en main. Un peu paniqué par ce bean’s, j’ai alors cherché ma réserve de cartes dans mon sac… et dans la précipitation, j’ai subitement opté pour la présentation à deux mains. Et ils sont restés pareillement imperturbables… polis, indifférents. Ne marquant aucune surprise, évitant à merveille ce regard de biais que je croise si souvent en Occident. Non, rien. Zen. Comme si ma différence était invisible. Je ne connais pas encore assez le Japon pour savoir quel statut on réserve aux gars comme moi. Je sais simplement que c’est le pays des Yakusa qui se mutilent le petit doigt. On m’a peut-être pris pour un super Yakusa encore plus décousu que les autres ? Tu parles. Sérieusement, le Japon est surtout le pays de Hirotada Ototake qui est né sans bras ni jambes mais pas sans humour. (J'aimerais faire des liens sur la vie et l'oeuvre de ce Nippon incroyable. Malheureusement les fonctions multimédia sont HS aujourd'hui - tout comme les retours chariots - ..., tapez son nom dans un moteur de recherche et vous verrez...) Face à mes interlocuteurs, je n’étais pourtant pas un Gotai manzoku pour reprendre l’expression de Hirotada Ototake. Là bas, quand on demande aux futurs parents ce qu’ils préfèrent, une fille ou garçon, ils répondent ‘peu importe du moment qu’il est Gotai manzoku »… un bébé avec des jambes et des bras (gotai) complets et normaux (manzoku). Je n’étais ni vraiment complet, et pas tout à fait normal, mais mes cinq Japonais ont fait comme si de rien n’était. Leur attitude ne relevait pourtant pas de l’indifférence, ni de l’hypocrisie. Non, simplement de la politesse. Quel dommage d’avoir oublié de rendre cette politesse à toutes les autres personnes que j’ai pu croiser pendant ce séjour. J’aurais pu ainsi aborder une des questions qui me turlupinent avec ishiguro, roi des robots. Ce savant un peu à l’ouest est l’inventeur d’actroid, la robote qui nous ressemblent comme deux gouttes d’eau. Il conçoit des androïdes qui nous serviront peut-être de clones dans le futur. Et son équipe est l’une des plus en pointe dans la recherche sur la sensibilité des peaux de robots. Mais pendant son entretien, j’ai omis de lui demander si ces recherches pouvaient aussi servir un jour à greffer la main des Skywalker … En pleine interview, j’oublie toujours les questions essentielles.
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